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Affaire Seznec Discussion

Affaire Seznec Discussion

Des experts affirment, Discutons-en

Des mensonges qui font douter...

Des salades et des navets sur le marché de Houdan...

Des salades et des navets sur le marché de Houdan...

Guillaume Seznec a raconté à la presse qu'il a remis 4040 dollars or à Pierre Quéméneur le 15 mai 1923.

A la police il prétend que c'est le 22 mai, jour de la signature de la promesse de vente.

Marie-Jeanne écrit au journal d'Emile Petit-Colas que les promesses de vente ont été signées le 25 mai. Ce qui n'est pas du tout impossible. Skeptikos a déduit de ses recherches que les dollars auraient été remis à Pierre Quéméneur le 25 mai à Rennes. Des dollars-or ou leur équivalent en billets car Seznec a dit avoir "vendu" ses dollars à Brest.

En tous cas ce n'est pas 4040 $ US que Seznec a investi dans l'affaire , mais selon les confidences de Pierre Quéméneur à Julien Legrand,  de 40 à 50000 francs  (dont la valeur de la Torpedo qui faisait partie du marché) . 4040$ us valaient à cette époque là 60 ou 65 000 francs.

On peut concevoir que les promesses de vente ont été prévues deuxième quinzaine de mai, en même temps que le rendez-vous à Paris avec l'intermédiaire américain. Quel jour ont-elles été réellement tapées?  Les originaux ont pu l'être à Brest le 22 et signés à Rennes le 25 au moment de la remise des fonds par Seznec.

Ces promesses de vente ont été refaites, c'est à peu près certain.

par qui ?

Par Seznec ?

Avec quelle machine?

Une machine que Seznec pouvait utiliser avant le 12 juin, date à laquelle il a emporté la valise de Quéméneur au Havre selon le Président de la Cour d'Assises?

Par la police?

Avec une machine de la police retrouvée à point nommé à la scierie pour faire craquer le suspect? On va me dire que c'est lui qui les a signées. M'vouais...

Si la valise a été emportée le 12 juin 1923 au Havre, déposée à la consigne de la gare de Plouaret et vue dans le compartiment de train par Legrand et De Hainaut le 13 juin entre Rouen et Le Havre, ce n'est pas possible que la promesse de vente contenue dans cette valise ait été tapée avec la machine à écrire que Seznec aurait achetée le 14 juin. Si les témoins ont vu Seznec revenir du Havre avec une machine à écrire sur l'épaule, personne n'a vu dans sa main la valise de Quéméneur qu'il aurait emportée la veille.

S'il y a eu des faux ils ont été fabriqués avant le 12 juin et avec une machine qui n'est pas celle qui a été achetée au Havre. 

Seznec a toujours dit que c'est Quéméneur qui conduisait lorsque la Cadillac a pénétré dans la cour de la gare de Houdan. Or madame Piau dit l'avoir vu à droite , à la place du passager et Nouvion aurait vu un monsieur à chapeau (Quéméneur aussi portait un chapeau...rond.) descendre du côté gauche, côté conducteur. On se demande tout de même pourquoi ce mensonge. 

Quel intérêt Seznec aurait-il eu à mentir?

Si ce n'est pas lui qui conduisait il pouvait prétendre  avoir somnolé et ne pas avoir retenu dans quelle gare Quéméneur s'est arrêté. C'est vrai que ce mensonge est suspect . Si c'est vraiment un mensonge! Les témoins ont pu, comme tout témoin, se forger de faux souvenirs pendant les 18 mois qu'a duré l'instruction , largement commentée par la presse qui a d'ailleurs prétendu tout et le contraire de tout!

Seznec aurait perdu son cric avant la dernière panne aux Quatre piliers. il l'avait à Dreux chez Hodey. Lorsqu'il a rencontré Dectot on ne sait pas bien si il était en panne ou pas. Lors de quelle réparation l'aurait-il perdu? C'est difficile de faire la part des choses entre ce que Seznec raconte de son itinéraire ce soir là et l'enquête de police qui se base sur des repères pas toujours fiables et souvent contradictoires.

Lorsqu'on met tout bout à bout on a

Jeangirard à 20h 45

Le plat d'Etain de 21h à 21h30.

C'est impossible que les cheminots aient vu la voiture à 22h30. Ils ont fait d'une impression une certitude sous la pression de la police. Ou alors Quéméneur qui a raté le train de 21h58 à Dreux est revenu à toute vitesse attraper celui de 22h40 à Houdan. Et Madame Langellier qui se pâme d'imaginer un marchand de bois grimper les 50 cm du marchepied d'un wagon de marchandises!  Quelqu'un aurait-il des sels pour la faire revenir à elle? Le nez dans ses coupures de presse qui se contredisent elle ne voit plus rien d'autre. Oui ce que j'écris est une fiction qui donne corps à une hypothèse. L'affaire ayant été jugée il ne reste que la possibilité du roman!

Thérèse Malet aurait vu cette voiture au carrefour de la route de Bazainville vers 23h, à 10km de Houdan et Dectot l'aurait vue 5 ou 6km plus loin à partir de 22h30.

Il n'y a vraiment aucune cohérence dans ces témoignages qui ont envoyé un homme au bagne.

Les mensonges de Seznec donnent une impression de culpabilité. Pour lui trouver une excuse nous devons nous mettre dans sa peau.

Cet homme aux abois, pour qui cette transaction avec les américains était importante a vu son projet échouer à la hauteur de Houdan.

Son associé , très mécontent a claqué la portière de la Cadillac pour prendre le dernier train possible cette nuit là, peut-être après une tentative d'attraper l'express de 21h 58 à Dreux. Revenu en catastrophe à Houdan, il saute sans plus d'explication dans le train de 22h40 .

Seznec est sonné, épuisé. Il continue la route au petit bonheur la chance. S'arrête, dort mal dans la voiture et reprend la direction de Morlaix le lendemain avec autant de difficultés que la veille.

Il arrive à Morlaix totalement épuisé.

Si comme c'est probable c'est le dimanche 3 juin que Quéméneur est revenu à Morlaix, le véritable choc traumatique subi, c'est de découvrir son associé , mort, dans sa salle à manger, à la suite d'une tentative de trahison. Les souvenirs du voyage à Paris sont effacés, n'ont plus d'importance. Toute son attention se porte à veiller à ne pas trahir Marie-Jeanne et à maquiller les faits dans ce but là.

Les mensonges de Guillaume Seznec ne prouvent pas la culpabilité du crime dont on l'accuse mais nous mettent sur la piste d'un autre délit à camoufler, celui que son fils nous a fait connaître. 

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