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Affaire Seznec Discussion

Des experts affirment, Discutons-en

Cher Eugène

Poudrière de l'arsenal de Rochefort

Poudrière de l'arsenal de Rochefort

Guillaume Seznec qui a été affecté au 87 ème RIT  de Quimper (Service Auxiliaire, Seznec a 38 ans) , régiment dissous en février 1916, écrit à son ami Eugène depuis Ouessant les 11 et 17 mai 1916. Pour sa famille ce serait dans une poudrerie à Ouessant ce que certains contestent. On peut supposer que le mot "poudrerie " désignait le magasin où étaient entreposés les explosifs,  c'est-à-dire une poudrière. En Bretagne on parle breton alors les mots français peuvent être approximatifs 

Certes les poudreries de Bretagne étaient à Pont de Buis et au Moulin-blanc près de Brest à cette époque. Mais pour défendre l'île il fallait peut-être aussi fabriquer des munitions. Lorsqu'on est sur une île l'autarcie s'impose !

Combien de temps Guillaume Seznec est-il resté à Ouessant?  Il faut être hyperspécialiste de la grande guerre pour pouvoir préciser dans quelle garnison sa compagnie était cantonnée. C'est tout à fait secondaire pour l'affaire criminelle dont nous nous occupons mais il ne faut pas rater une occasion d'apprendre...

Poudrière de Kernigou à Ouessant

Poudrière de Kernigou à Ouessant

"C’est probablement pour les régiments de l’infanterie territoriale que cette évolution est la plus sensible. Composées d’effectifs plus âgés, c’est-à-dire de personnes nées la plupart du temps avant 1880, ces unités ( réservistes) connaissent en août 1914 un destin radicalement différent de celui des troupes de l’active. Nombreux sont en effet ces régiments casernés en Bretagne à être affectés dans un premier temps à la défense des côtes, en prévision d’une éventuelle descente ennemie, comme cela pouvait se produire à l’époque moderne [24]. Pour ne citer que quelques exemples, les 73e RIT de Guingamp, 74e RIT de Vitré et 76e RIT de Saint-Brieuc sont envoyés dans le Cotentin tandis que les Brestois du 87e RIT sont à Ouessant et Crozon [25]"

Or on sait que le 87ème RIT a été dissous en février 1916.

Historique du 87e
 RÉGIMENT d'INFANTERIE TERRITORIALE
Imprimerie du Militant – Brest 
numérisation P. Chagnoux - 2009
Les postes de surveillance formèrent une ligne ininterrompue tout le long des côtes. Entre temps, les
hommes étaient remis en main, et, bien encadrés, étaient prêts à faire leur devoir.
Brusquement l'ordre de départ survint dans la nuit du 23 au 24 août. Les Bataillons revinrent à
Brest et furent successivement embarqués pour Paris-Batignolles et rattachés provisoirement à la
85e
 Division d'Infanterie.
Un chapitre spécial est ouvert pour chaque Bataillon, car le 87e
 Régiment d'Infanterie Territoriale
était un Régiment essentiellement côtier et n'appartenait à aucune formation constituée. Les
Bataillons furent donc tôt dispersés et répartis, suivant les besoins, dans diverses formations. Ils
furent affectés au Génie routier, télégraphiste, aux gares régulatrices, etc., etc..
Le Régiment fut composé à l'origine d'éléments essentiellement bretons, puis, avec un noyau
breton, de contingents divers provenant de toutes les régions de France. Mais toujours et partout, le
87e
 a su remplir avec honneur, souvent avec un reflet de gloire, toutes les missions, parfois ingrates
et pénibles qui lui furent confiées.
Les nombreuses citations des officiers et militaires de tous grades et les nombreux témoignages de
satisfaction donnés par le Commandement à tous les Bataillons en sont un sûr garant.
Ce fut à Gaye, en Champagne, le 19 février 1916 que le 87e
 fut effectivement disloqué
. L'État￾Major et la Compagnie Hors Rang furent dissous, et chaque Bataillon devint un Bataillon isolé,
s'administrant par lui-même et dépendant, suivant les circonstances, de diverses armées ou services

Historique du 87e
 RÉGIMENT d'INFANTERIE TERRITORIALE
Imprimerie du Militant – Brest 
numérisation P. Chagnoux - 2009

 

Guillaume Seznec a été envoyé à Ouessant pour une autre raison. 

"J'ai écrit au commandant d'ici mais il aurait fallu les certificats que vous avez pu obtenir pour que je puisse faire une demande de sursis par voie hiérarchique..."

 

En langage militaire un sursis est un report d'incorporation. 

Guillaume Seznec a 38 ans, il est marié et père de famille nombreuse. Il est chef d'entreprise et aurait souhaité être sursitaire. 

Sursis qu'il n'a pas pu obtenir. 

Il travaille à Ouessant sous les ordres d'un adjudant qui est instructeur à Recouvrance, l'arsenal de Brest.

La présence ce cet instructeur confirme l'idée que Guillaume Seznec était bel et bien affecté à la poudrière de Kernigou ou au fort Saint-Michel, peut-être annexe de l'arsenal de Recouvrance à  cette époque pour la défense de l'île. 

Volontaire Seznec ? Il aurait préféré être sursitaire. Mais il n'a pas les certificats voulus. Le ton de la lettre fait penser à une affectation sanction. 

 

Livret militaire de G.S , source: site officiel de Denis Langlois

Livret militaire de G.S , source: site officiel de Denis Langlois

Son livret militaire nous apprend qu'il a été affecté à la 18ème compagnie le 3 mai 1923 puis à la 17e le 20 mai suivant .Cela correspond sans doute à l'épisode " Ouessant ".

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